L’équipe de Sophie Lotersztajn et Richard Moreau publie dans Nature Communications – Juin 2018

La cirrhose représente le dernier stade évolutif de la fibrose associée aux hépatopathies chroniques de toutes causes (principalement abus d’alcool, hépatites virales chroniques et stéatopathie métabolique en France). Elle reste un problème de santé publique préoccupant puisqu’il n’existe à ce jour aucune molécule dont l’effet antifibrosant ait été validé en pratique clinique. Les maladies chroniques du foie sont caractérisées par une inflammation persistante qui contribue à leur progression vers des stades plus sévères. Dans cette étude nous nous sommes intéressés au rôle des lymphocytes T invariants associés aux muqueuses (MAIT). Chez l’homme, ces lymphocytes T non conventionnels sont abondants dans le sang et le foie, qui produisent des cytokines hépatotoxiques et profibrogéniques, en particulier l’IL-17 and TNF-alpha.

 

Nous avons observé que chez l’homme, la fréquence et le phénotype des cellules MAIT sont altérés dans le foie et le sang au cours de la cirrhose, et que ces cellules s’accumulent dans le foie au contact des cellules fibrogéniques dans les septa fibreux. Dans un modèle de souris enrichies en cellules MAIT la fibrose est exacerbée, alors qu’à l’inverse les souris déficientes en MAIT sont plus résistantes. Enfin, des études in vitro démontrent que les cellules MAIT interagissent avec les macrophages en augmentant leurs propriétés inflammatoires et avec les myofibrolastes hépatiques en stimulat leurs propriétés profibrogéniques.

 

Cette étude met en évidence le rôle des cellules MAIT dans l’inflammation et la fibrose associés aux maladies chroniques du foie et suggère que cibler les cellules MAIT pourrait constituer une stratégie antifibrogénique intéressante.